Un marché en progression structurelle dans le circuit officinal
Le marché du maquillage en pharmacie atteint 66,97 millions d’euros en cumul mobile à mars 2026, selon les données IQVIA France. La progression s’établit à 12,36% par rapport à la même période l’année précédente. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large : selon IQVIA, le marché français de la vente libre a frôlé les 17 milliards d’euros en 2025, porté notamment par les segments beauté et hygiène.
Le marché du maquillage officinal reste concentré. Les cinq premiers laboratoires cumulent un peu plus de 41% des ventes en valeur. Les autres acteurs représentent toutefois plus de la moitié du chiffre d’affaires, ce qui traduit une fragmentation encore importante.
Un leadership bousculé par la montée en puissance d’Erborian
Avène conserve la première place avec 9,1 millions d’euros et 13,64% de parts de marché. Pourtant, la marque recule de 11,7% sur la période. Erborian s’impose comme le principal moteur de croissance du panel avec 6,8 millions d’euros et une progression de 155,4%. Clinicalfarma suit à 6,3 millions d’euros (+22,4%), Mavala à 6,2 millions d’euros (-4,9%) et Même Cosmetics à 4,7 millions d’euros (+50,9%).
Côté marques, Couvrance domine avec 9 millions d’euros et 13,5% de parts de marché, malgré un recul de 11,6%. Erborian s’impose via deux références teintées : le CC-CR HD à 3,6 millions d’euros et le CC-RED à 2,4 millions d’euros (+27,2%). Côté regard, le Lovren Mascara progresse à 2,5 millions d’euros (+11,9%).
Les formats lèvres innovants prennent le pas sur le rouge à lèvres classique
Le maquillage des lèvres illustre le mieux la recomposition de la catégorie. En cumul annuel mobile à janvier 2026, les rouges à lèvres classiques reculent de 2,3% en valeur. En revanche, baumes, huiles et gloss progressent de 36,4%. Les sérums et volumiseurs bondissent de 73,4%. Les encres et liquides longue tenue affichent +37,1%, selon les données OpenHealth Company.
En deux ans, le segment du maquillage lèvres a gagné 1,3 point de parts de marché en officine, passant de 8% à 9,3% en valeur. Sur la même période, sa croissance cumulée atteint 18% en valeur.
« Cette progression est intégralement portée par les formats innovants », précise Ilhame El Mrabti, chargée d’études chez OpenHealth Company. La bascule illustre, selon elle, la skinification du maquillage en pharmacie : des formules enrichies en acide hyaluronique, beurre de karité et autres actifs nourrissants.
La pharmacie, circuit naturel pour le maquillage soin
La pharmacie concentre ses atouts sur la sécurité et le conseil. « Le soin, c’est le positionnement naturel de la pharmacie, circuit vers lequel se tournent les femmes qui ont besoin d’être rassurées sur la sécurité et la haute tolérance des formules », indique Sophie Giran d’Audiffret, directrice de la marque Patyka.
L’offre rationalisée de l’officine constitue également un avantage. Kathleen Eymery, directrice marketing de Mavala, note que « les femmes ne se retrouvent pas face à 45 ou 50 teintes déclinées dans une même galénique ». En 2025, 278 nouveautés lèvres ont été référencées en pharmacie. Elles ont généré 549.000 euros de chiffre d’affaires, soit 9,8% du secteur total.
Des références multi-usages qui élargissent la clientèle
Plusieurs acteurs poussent la logique hybride plus loin. Le Baume Couleur Stick 3 en 1 d’Embryolisse – lèvres, joues, yeux – enregistre la progression la plus marquée de l’année à +371% en valeur. Les BB Lips de Vitry affichent +104% en valeur depuis leur lancement au printemps 2025. Le Repulpant lèvres de Patyka se classe deuxième soin lèvres anti-âge les plus vendues en pharmacie fin 2025, selon la marque.
Lovrén, Innoxa et Mavala complètent ce panorama avec des huiles, gloss et baumes teintés enrichis en actifs. Mavala a lancé fin avril ses huiles à lèvres aux huiles d’amande douce et de coton.