Un marché stable qui doit réduire ses emballages d’ici à 2030
Le marché des déodorants en GMS atteint 512,2 millions d’euros en cumul annuel mobile à la période 3 de 2026, selon Circana. Les ventes en volume reculent de 0,1%. Dans ce contexte de stabilité, la pression réglementaire s’intensifie. Le secteur cosmétique émet environ 94.000 tonnes d’emballages par an en France, selon la Fédération des entreprises de la beauté. Ce volume devra être réduit de façon significative d’ici à 2030 pour respecter les exigences européennes.
La contrainte est double. « Les industriels sont pris dans un effet ciseaux, coincés entre la nécessité de dépenser pour se mettre aux normes et un marché en berne qui ne leur apporte pas assez de trésorerie pour un tel projet », précise Christophe Morin, ingénieur en emballage et expert en packaging. Selon lui, quatre à cinq ans constituent un délai particulièrement court pour convertir l’intégralité d’un parc d’emballage.
Le solide progresse en circuit spécialisé, mais peine en GMS
Yves Rocher s’est engagé à réduire son utilisation de plastique de 30% d’ici à 2030. La marque-enseigne a déjà atteint -17% grâce notamment à son déodorant solide conditionné dans un emballage entièrement en carton recyclable. Elle se positionne comme leader des produits solides en parts de marché.
En GMS, toutefois, le marché du déodorant solide ne pèse que 266.400 euros et recule de 12,9% en volume. Les consommateurs n’ont pas encore adopté ce format en grande distribution dans les mêmes proportions qu’en circuit spécialisé.
La recharge s’installe progressivement dans les rayons
Le format rechargeable prend de plus en plus de place dans l’offre. Pour faciliter l’adoption, les marques travaillent sur deux leviers : un différentiel de prix favorable et des packagings simples à ouvrir, conçus pour durer dans le temps. Le déodorant rechargeable réduit jusqu’à 80% les déchets plastiques sur une année, selon les données disponibles sur ce format.
Le marché européen des déodorants devrait progresser à un TCAC de 4,45% entre 2024 et 2029, selon Mordor Intelligence. Sur ce segment, les références rechargeables en grande distribution constituent un axe de différenciation croissant pour les marques qui cherchent à se positionner sur la durabilité sans sacrifier la praticité.
Le réemploi testé par 15 acteurs, avec des résultats significatifs
Depuis un an, une expérimentation autour du réemploi a été conduite par 15 acteurs de l’hygiène-beauté à l’initiative de la coalition ReCosm, pilotée par Circul’R et soutenue financièrement par Citeo. Les résultats publiés sont nets : 95% des répondants se déclarent prêts à rapporter leurs contenants vides en magasin. Par ailleurs, 90% affirment que leur attachement à une marque se renforce lorsque celle-ci s’engage dans une démarche de réemploi.
Ces chiffres documentent un potentiel. Reste à savoir si ce modèle se transposera au segment spécifique des déodorants, où les contraintes logistiques de collecte en point de vente restent à résoudre.