La cosmétique naturelle certifiée n’est plus réservée aux réseaux spécialisés. Dr. Hauschka, marque appartenant au groupe allemand Wala, annonce pour 2026 l’ouverture de 100 nouvelles pharmacies partenaires, portant son implantation officine à 330 points de vente. Dans un rayon cosmétique bio qui représente 111 millions d’euros à fin 2025, ce déplacement signale que les marques naturalité premium commencent à identifier la pharmacie comme un terrain de croissance structurel — et non plus comme un simple circuit complémentaire.
De l’herboristerie à l’officine : un tournant progressif
Fondée en 1967 et distribuée historiquement dans les magasins bio et les instituts de beauté, Dr. Hauschka a amorcé son entrée en officine il y a cinq ans. L’accélération est récente et délibérée : en 2025, la marque a enregistré une croissance de ses ventes de 20 %. Le plan 2026 prolonge cet élan : +100 pharmacies partenaires et la mise en place d’un “Cercle des 15”, quinze officines avec lesquelles la marque travaille en codéveloppement pour renforcer sa visibilité locale.
“Notre ambition est claire : augmenter notre visibilité et notre croissance en pharmacie”, souligne Anne-Claire Harnois, directrice marketing de Dr. Hauschka France.
Un label exigeant dans un marché où la naturalité se banalise
Dr. Hauschka s’appuie sur sa certification Natrue, l’un des référentiels les plus contraignants du secteur cosmétique naturel et bio. À la différence d’un taux de naturalité calculé selon ISO 16128 — méthode sans vérification tierce indépendante —, Natrue impose un audit externe, des seuils stricts sur la composition, la provenance des matières premières et les procédés de fabrication.
Dans un contexte où 64 % des Français déclarent préférer les ingrédients naturels dans leurs cosmétiques, et où 40 % des consommateurs achètent régulièrement des produits de beauté en pharmacie, la certification Natrue constitue un argument de crédibilité auditable. Afficher “naturel” ne suffit plus ; les acheteurs en officine, accompagnés d’une équipe de santé, attendent une naturalité documentée et vérifiable.
Avec 150 références dont plusieurs best-sellers formulés à base de plantes médicinales présents au catalogue depuis les origines de la marque, Dr. Hauschka mise sur la stabilité de gamme comme gage de cohérence — dans un segment où la tendance skinification pousse au contraire vers le renouvellement accéléré des lignes.
La pharmacie, troisième circuit mais en mouvement
L’officine reste le troisième circuit de distribution pour la cosmétique bio en France, derrière les grandes surfaces et les magasins spécialisés. Ses dynamiques récentes sont favorables : le segment a généré 111 millions d’euros à fin 2025 (+2,25 % en valeur), tandis que les catégories soin visage (+9 %) et capillaire (+10 %) progressent plus fortement que l’ensemble du rayon. Pharmacies et parapharmacies avaient enregistré +9 % en valeur sur la cosmétique naturelle en 2024, un rythme supérieur à la moyenne marché.
La croissance est réelle mais le potentiel reste sous-exploité : dans un canal où 64 % des acheteurs de cosmétiques se disent acquis au bio, la part de marché de la naturalité certifiée en officine demeure limitée. Pour Dr. Hauschka, c’est précisément cet écart entre demande latente et offre disponible qui justifie le déploiement. Pour 2026, la marque prévoit trois campagnes de communication en partenariat avec Cmedia pour accompagner l’élargissement de son réseau officines.