Moulinex : l’innovation Infinity pour contrer des vents contraires
Treize ans après le lancement de sa franchise phare, Moulinex tente un coup de maître à l’Élysée Montmartre. La marque du groupe Seb dévoile le « Cookeo Infinity », un appareil hybride combinant, pour la première fois, cuisson sous pression et technologie Air Fryer.
Fruit de quatre à cinq ans de R&D, ce modèle répond à une double problématique : le manque d’espace et l’inspiration culinaire, avec une cuve de 6,5 litres pour sept personnes et l’accès à 500 recettes réalisables en moins de dix minutes.
Pour Etienne Maurin, directeur marketing, cette fusion technologique était inévitable face au « boom de l’Air Fryer depuis 2-3 ans ». Le modèle garantit une réparabilité de 15 ans. Une stratégie offensive pour Moulinex qui écrase déjà la concurrence avec 84% de parts de marché en valeur sur les multicuiseurs en août 2025.
Ce lancement intervient pourtant dans un climat financier tendu. Sur les neuf premiers mois de l’année, le Groupe Seb affiche un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros, en recul de 1,1% en données publiées.
Plus alarmant, le résultat opérationnel chute de près de 40% à 267 millions d’euros, plombé par le marché américain et les devises. La direction révise sa rentabilité 2025 entre 550 et 600 millions d’euros et annonce un plan d’économies de 200 millions d’ici 2027.
Dash Water : l’offensive britannique sur le marché français.
Dash Water, le spécialiste britannique des eaux aromatisées, passe à la vitesse supérieure en France. Déjà implantée sur 20 marchés internationaux, la marque fondée en mai 2017 entend bousculer le rayon boissons tricolore.
Soutenue par des investisseurs de renom, comme le rugbyman Johnny Sexton et le footballeur Patrice Evra, l’entreprise Dash offre une eau pétillante infusée de fruits « moches ». Zéro sucre, zéro additif. Une réponse directe au gaspillage alimentaire, car, comme l’explique Alex Wright, on valorise ici des fruits qui, « parce qu’ils ne correspondent pas aux standards esthétiques, sont écartés pour près de 40% d’entre eux ».
Le modèle cartonne déjà au Royaume-Uni : 10.000 points de vente, 58% de parts du marché sans sucre et 60% de la croissance de la catégorie. Arrivée dans l’Hexagone en octobre 2023, Dash s’attaque à un secteur en ébullition.
Selon Circana, le marché français pèse désormais 107 M€, en hausse de 3%, pour 121 millions de litres écoulés, soit un bond de 7%. Alex Wright note d’ailleurs que « plus de 59% [des Français] déclarent réduire ou éviter les boissons sucrées ».
L’objectif est donc ambitieux : vendre 3 millions de canettes d’ici 2026. Pour y parvenir, la marque, déjà présente dans 1000 points de vente incluant Monoprix, Carrefour ou Picard, a implanté ses 4 saveurs et revu ses packagings. Dash mise aussi sur un marketing fort, s’affichant jusqu’au dernier défilé de Victoria Beckham.
La « Clean Beauty » nettoie les codes du marché mondial des cosmétiques.
Le secteur de la beauté ne connaît pas la crise, mais il connaît sa révolution. Oubliez la simple esthétique : aujourd’hui, les consommateurs dictent de nouvelles règles basées sur l’éthique et la transparence, redéfinissant totalement la croissance de cette industrie.
Les chiffres sont éloquents : alors que le marché mondial de la beauté a connu une croissance de 10%, le Canada a connu une augmentation des ventes de 8,3% en un an, tandis que la France a enregistré une hausse de 6,5%, selon les données de xerfi. Gels douche, parfums et hydratants tirent leur épingle du jeu, prouvant que, malgré l’incertitude économique, ce secteur reste d’une résilience remarquable.
Mais attention, la croissance n’est plus homogène. Les plus grosses progressions sont enregistrées pour les produits affichant des attributs : « sans cruauté », « végan », « sans sulfates » ou dotés d’« emballages durables ». La beauté dite « propre » surpasse largement le marché global, qui a tout de même progressé de 7,1%, grâce aux cosmétiques et aux soins capillaires.
Ce virage est piloté par une démographie claire : les moins de 35 ans. S’ils ne pèsent que 14% du marché total des produits de grande consommation, ils représentent 22% des ventes de produits de beauté, avec des dépenses annuelles colossales de 1,7 milliard de dollars. La Génération Z et les Milléniaux, très actifs sur TikTok et Instagram, boostent également le commerce en ligne : la beauté y détient désormais une part de marché de 24,1%, contre seulement 10,4% pour le reste des produits de grande consommation.
Enfin, l’innovation est le moteur absolu de cette transformation. Les nouveaux produits génèrent à eux seuls 19% des ventes totales. Fait marquant : ce sont les petites marques, souvent plus agiles, qui alimentent 58% de cette hausse en valeur.
Soufflet Malt parie sur l’après-bière.
Face au repli structurel du marché mondial de la bière et du whisky, Soufflet Malt engage un virage stratégique majeur. Le numéro un mondial du secteur, position confortée par le rachat de United Malt Group en 2023, cherche de nouveaux relais de croissance. Si 99% de ses débouchés dépendent encore de ses métiers historiques, la filiale du groupe InVivo vise désormais une diversification accélérée à l’horizon 2030.
L’impulsion, donnée par le Directeur Général Jorge Solis, arrivé en mai 2024, s’est concrétisée lors du salon Food Ingredients Europe. À la manœuvre, Laurent Debande et sa douzaine de chercheurs basés à Nogent-sur-Seine ont dévoilé des applications inédites : sodas, thés glacés, mais surtout des « simili » café et cacao.
L’argument est avant tout économique. Alors que la tonne de cacao maigre a flambé, passant de 2.500 dollars il y a quatre ans à près de 6.000 dollars aujourd’hui, le malteur propose une alternative affichant un prix inférieur de 50%. Même logique pour le café ou le remplacement du sirop de glucose par un extrait de malt, jugé plus « clean label ». L’entreprise mise aussi sur la valorisation des radicelles, riches en fibres.
Cette dynamique d’innovation s’appuie sur une propriété intellectuelle active : cinq brevets ont été déposés sur l’exercice clos en juin 2025, et l’entreprise compte en déposer autant l’an prochain. Pour accélérer, Laurent Debande promet une étape clé : « Au mois de janvier, nous allons annoncer un partenariat avec un gros acteur du monde du cacao ».
Un pari d’avenir pour ce géant industriel qui affiche 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, s’appuie sur 2.300 collaborateurs et opère via 41 malteries dans 20 pays.
Bricolage : les industriels dans la tourmente.
Le marché du bricolage tire la langue. Dans un contexte toujours difficile et encore en recul en 2025, la santé financière des industriels du secteur se dégrade dangereusement. C’est le signal d’alarme tiré par Inoha, l’Association professionnelle des industriels du nouvel habitat, qui a passé au crible les bilans 2024 de 230 entreprises.
Si cette filière, composée majoritairement de PME, pèse tout de même 8,05 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés et emploie 18.778 salariés, la dynamique est cassée. Le chiffre d’affaires médian a reculé de 4,2%, tombant à 15,8 millions d’euros contre 16,5 millions l’année précédente.
La rentabilité d’exploitation s’effrite également. Elle plafonne désormais à 5,1%, un niveau bien inférieur aux 7% de l’industrie manufacturière. La tension est maximale dans certains rayons : les marges tombent à 3,5% dans la plomberie-chauffage-électricité, et même à 2,9% dans l’outillage-quincaillerie.
Malgré un endettement réduit post-PGE et un besoin en fonds de roulement stable à 55 jours, la solvabilité inquiète. L’indice moyen Ellisphere a dévissé, passant de 7,1 en 2023 à 6,5 en octobre 2025. Conséquence : près de 50% des entreprises du panel présentent désormais un risque moyen ou élevé.
Le rapport résume ainsi cette spirale négative : « Baisse d’activité, marges en recul et solvabilité fragilisée dessinent une situation durablement sous tension. » Une fragilité qui menace désormais les investissements vitaux pour l’innovation et la modernisation de l’outil industriel.